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Les
moyens de pression des douanes immobilisent à la frontière
Habituellement,
les agent-e-s des douanes n’envoient à l’immigration que les
voyageurs qui soulèvent des inquiétudes. Mais ils peuvent exercer
leur autorité avec discrétion - et ils ont récemment été outrés
par une décision du gouvernement qui les garde à leur niveau de
classification actuel et qui refuse de hausser leur rémunération -
environ 44 000 $ par année - même s’ils affirment que leur
emploi a changé au cours des dernières années. Cette
semaine, les 3 600 travailleurs et travailleuses ont reçu une
lettre des dirigeants de l'Union Douanes Accise décrivant le refus
absolu du gouvernement de modifier sa position. Il est interdit aux agent-e-s
des douanes de faire la grève. Hier,
Claude Tremblay, directeur général des relations de travail à
l’Agence des douanes et du revenu du Canada a envoyé une lettre
d’avertissement au syndicat. «
Je vous demande de prendre les mesures appropriées pour ne pas
entreprendre de mesures illégales », a-t-il écrit. Toute
action concertée qui empêche les Douanes du Canada de
s’acquitter de son mandat sera jugée « une grève illégale ». Les
dirigeants syndicaux, qui pourraient se voir imposer des amendes
allant jusqu’à 1 000 $ chacun s’ils sont trouvés coupables
d’avoir ordonné une grève illégale, disent qu’ils n’ont pas
donné d’ordres directs. «
C’est une vague de fond qui déferle. Les gens en région qui font
le travail sont en beau maudit », souligne Erik Lupien, porte-parole
du syndicat. Les
dirigeants syndicaux précisent que le gouvernement a précisé récemment
qu’ils ne peuvent plus refuser l’entrée aux voyageurs -- ils
peuvent tout au plus diriger les individus suspects aux agent-e-s de
l’immigration. Ils disent qu’ils suivent maintenant cette
directive à la lettre. À
une réunion à Toronto hier, les dirigeants syndicaux des douanes
d’un bout à l’autre du Canada sont furieux, et ils ont affirmé
que les agent-e-s des douanes ne pouvaient plus être considérés
simplement comme des percepteurs de taxe qui s’élèvent contre la
contrebande. Plutôt, disent-ils, il faut que l’on reconnaisse que
nous effectuons un travail essentiel à la préservation de la sécurité
nationale. Leurs activités de filtrage des gens et non seulement
les marchandises se sont multipliées au cours des dernières années,
particulièrement depuis les attaques terroristes du 11 septembre. Les
dirigeants syndicaux veulent que leurs membres touchent la même rémunération
que les agent-e-s de l’immigration, ce qui se traduirait par une
hausse moyenne d’environ 2 200 $ chacun. Hier,
le syndicat a rendu public le rapport d’un expert-conseil, qu’il
avait embauché, qui conclut que les agent-e-s des douanes
effectuent essentiellement le même travail que les agent-e-s de
l’immigration qui touchent un salaire plus élevé. Mais,
selon une note de service du gouvernement obtenue par le Globe
and Mail, ce n’est pas le cas. Selon
une note de service interne rédigée par Denis Lefebvre, sous-commissaire
à l’Agence des douanes et du revenu du Canada « Les agent-e-s de
l’immigration ont des responsabilités de dossiers qui comprennent
l’enquête, la recherche, l’analyse, l’évaluation de dossiers
et la prise de décision qui sont des responsabilités
fondamentalement différentes de celles des inspecteurs et
inspectrices des douanes ». Dans
la note de service, il déclare qu’il est « satisfait » de la
classification actuelle de l’emploi qui à son avis est « appliquée
convenablement ». La
note de service a été préparée en réaction à un grief
d’emploi présenté en juin à la direction par l'Union Douanes
Accise. Toutes
les personnes concernées dans le litige sont d’avis que les
moyens de pression ne mettront pas en péril la sécurité nationale. «
Nous avons des plans d’urgence pour assurer la sécurité »,
signale René Mercier, un porte-parole d’Immigration Canada. Par Colin Freeze et Victor Malarek, page A1. |