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  CEUDA - CEUDA fait du lobbying pour établir la reconnaissance des agent-e-s des douanes

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Les moyens de pression des douanes immobilisent à la frontière
28 SEP 2002 Globe and Mail... La confusion régnait en ce qui touche les horaires des envolées; de longues files de voitures et de camions bloquaient les bureaux frontaliers de l’Ontario et des milliers d’étrangers devaient subir à une vérification exceptionnellement rigoureuse - à mesure que se multipliaient les moyens de pression empruntés par les agent-e-s des douanes furieux. Coincés dans un litige animé concernant leur rémunération et leur statut d’emploi avec Ottawa, les inspectrices et inspecteurs des douanes de la première ligne ont envoyé pour vérification secondaire un nombre de voyageurs et de voyageuses plus important que d’habitude. On s’attend à d’autres perturbations en fin de semaine. Ces interventions ont causé des retards qui ont chambardé les plans de voyage d’un bout à l’autre du pays :

  • À l’aéroport international de Pearson à Toronto, les agent-e-s de l’immigration ont signalé qu’ils étaient « inondés » de renvois pour vérification plus poussée. « Vous devriez voir les files d’attente ici. C’est tout à fait insensé. Nous avons deux agent-e-s de l’immigration qui surveillent les lignes en tentant de faire sortir certaines personnes. Les passagers en provenance de l’Europe et du Mexique, qui ne sont pas des citoyens canadiens, sont renvoyés à l’inspection secondaire », signale un agent de l’immigration à la Gare 1. « Nous avons eu jusqu’à présent 2 000 renvois. C’est insensé ici. Je ne peux parler. »

  • Dans l’intervalle, à Sarnia et Fort Érié, les voyageuses et voyageurs qui traversent la frontière et qui habituellement ne doivent attendre que quelques minutes pour arriver en Ontario ont dû attendre jusqu’à deux heures.

  • À l’aéroport international de Vancouver, les voyageurs arrivant de l’Extrême-Orient ont attendu jusqu’à une heure alors que nombreux étaient ceux qui devaient subir une deuxième vérification par des agent-e-s de l’immigration. Les agent-e-s des douanes « immobilisent définitivement le système et provoquent de nombreux retards », de dire un agent d’Air Canada à Vancouver. « De fait, les envolées domestiques ne sont pas à l’heure à cause des délais provoqués pour les vols de correspondance des passagers venant d’outre-mer ».

  • À Montréal, un agent de l’immigration a dit que les délais étaient « importants » tout comme ils l’avaient été après la prise de moyens de pression plus tôt cette semaine. Hier soir, on rapportait des retards allant jusqu’à une heure au pont Ambassador à Windsor.

Habituellement, les agent-e-s des douanes n’envoient à l’immigration que les voyageurs qui soulèvent des inquiétudes. Mais ils peuvent exercer leur autorité avec discrétion - et ils ont récemment été outrés par une décision du gouvernement qui les garde à leur niveau de classification actuel et qui refuse de hausser leur rémunération - environ 44 000 $ par année - même s’ils affirment que leur emploi a changé au cours des dernières années.

Cette semaine, les 3 600 travailleurs et travailleuses ont reçu une lettre des dirigeants de l'Union Douanes Accise décrivant le refus absolu du gouvernement de modifier sa position. Il est interdit aux agent-e-s des douanes de faire la grève.

Hier, Claude Tremblay, directeur général des relations de travail à l’Agence des douanes et du revenu du Canada a envoyé une lettre d’avertissement au syndicat.

« Je vous demande de prendre les mesures appropriées pour ne pas entreprendre de mesures illégales », a-t-il écrit.

Toute action concertée qui empêche les Douanes du Canada de s’acquitter de son mandat sera jugée « une grève illégale ».

Les dirigeants syndicaux, qui pourraient se voir imposer des amendes allant jusqu’à 1 000 $ chacun s’ils sont trouvés coupables d’avoir ordonné une grève illégale, disent qu’ils n’ont pas donné d’ordres directs.

« C’est une vague de fond qui déferle. Les gens en région qui font le travail sont en beau maudit », souligne Erik Lupien, porte-parole du syndicat.

Les dirigeants syndicaux précisent que le gouvernement a précisé récemment qu’ils ne peuvent plus refuser l’entrée aux voyageurs -- ils peuvent tout au plus diriger les individus suspects aux agent-e-s de l’immigration. Ils disent qu’ils suivent maintenant cette directive à la lettre.

À une réunion à Toronto hier, les dirigeants syndicaux des douanes d’un bout à l’autre du Canada sont furieux, et ils ont affirmé que les agent-e-s des douanes ne pouvaient plus être considérés simplement comme des percepteurs de taxe qui s’élèvent contre la contrebande. Plutôt, disent-ils, il faut que l’on reconnaisse que nous effectuons un travail essentiel à la préservation de la sécurité nationale. Leurs activités de filtrage des gens et non seulement les marchandises se sont multipliées au cours des dernières années, particulièrement depuis les attaques terroristes du 11 septembre.

Les dirigeants syndicaux veulent que leurs membres touchent la même rémunération que les agent-e-s de l’immigration, ce qui se traduirait par une hausse moyenne d’environ 2 200 $ chacun.

Hier, le syndicat a rendu public le rapport d’un expert-conseil, qu’il avait embauché, qui conclut que les agent-e-s des douanes effectuent essentiellement le même travail que les agent-e-s de l’immigration qui touchent un salaire plus élevé.

Mais, selon une note de service du gouvernement obtenue par le Globe and Mail, ce n’est pas le cas.

Selon une note de service interne rédigée par Denis Lefebvre, sous-commissaire à l’Agence des douanes et du revenu du Canada « Les agent-e-s de l’immigration ont des responsabilités de dossiers qui comprennent l’enquête, la recherche, l’analyse, l’évaluation de dossiers et la prise de décision qui sont des responsabilités fondamentalement différentes de celles des inspecteurs et inspectrices des douanes ».

Dans la note de service, il déclare qu’il est « satisfait » de la classification actuelle de l’emploi qui à son avis est « appliquée convenablement ».

La note de service a été préparée en réaction à un grief d’emploi présenté en juin à la direction par l'Union Douanes Accise.

Toutes les personnes concernées dans le litige sont d’avis que les moyens de pression ne mettront pas en péril la sécurité nationale.

« Nous avons des plans d’urgence pour assurer la sécurité », signale René Mercier, un porte-parole d’Immigration Canada.

Par Colin Freeze et Victor Malarek, page A1.