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Réponse de la CEUDA
au directeur de la rédaction du
Windsor Star Imaginez pendant un instant que la menace en question soit liée à un danger réel et potentiellement mortel, mais non localisé, dans le cadre confortable des bureaux de la rédaction du Windsor Star, puis que les rédacteurs y soient exposés chaque fois qu’ils viennent travailler. Imaginez aussi que les rédacteurs n’aient eu vent de l’envergure du danger mortel qu’après avoir découvert que leur employeur avait pris des mesures concrètes pour leur cacher l’information sur ce danger et, en fait, dissimulé les recommandations d’une analyse des dangers au travail, analyse exécutée par une tierce partie et permettant d’éliminer le danger en question. Imaginez ensuite que les rédacteurs aient trouvé que l’administration centrale de l’employeur ait enfin admis la présence du danger, sans que rien n’ait encore été fait… Commencez-vous à voir la scène? Je suis certain que vous avez également remarqué que le Comité sénatorial chargé d’évaluer les mécanismes de sécurité de ce pays appuie complètement et, en fait, a recommandé officiellement qu’il y ait une présence armée à la frontière. Le danger en cause ici, en passant, n’est pas exactement le risque d’une coupure de papier. Il s’agit de personnes dont il est su qu’elles sont ARMÉES et jugées DANGEREUSES par des organismes d’application de la loi, des deux côtés de la frontière canado-américaine; à cela s’ajoute de l’information laissant entendre qu’elles pourraient se préparer à une confrontation potentielle avec nos agent-e-s des douanes non armés, dont la tâche consiste à arrêter chaque véhicule tentant d’entrer au Canada. Oui, des policiers sont parfois appelés aux passages frontaliers de Sarnia et de Windsor afin de s’occuper de telles situations, mais ils n’abandonnent pas leur arme avant de sortir de leur automobile. En fait, dans deux cas récents, la police est arrivée avec des armes prêtes à faire feu, prévoyant ainsi adéquatement le danger qui guette nos membres chaque jour de travail, mais sans arme à feu. C’est peut-être accidentellement que l’éditorial du Star signale que de tels refus de travailler sont prévus par le Code canadien du travail et qu’ils continuent parce le danger existe toujours. Ce n’est pas à cause de la frivolité d’un travailleur quelconque, mais parce que le gouvernement refuse d’honorer ses obligations juridiques – soit de réduire le risque mortel maintenant reconnu –, en équipant adéquatement les agent-e-s des douanes aux fins de leur travail pour les Canadiens, et permettant ainsi à ces agents de retourner à domicile et de revoir leur famille à la fin de leur quart de travail. J’ai l’honneur d’être au service de ces femmes et de ces hommes, étant leur président national, et, au lieu de blâmer ces agent-e-s de première ligne, je suggère respectueusement au Star de communiquer au gouvernement leurs inquiétudes légitimes au sujet de la fermeture des frontières, car c’est le gouvernement qui refuse de redresser une situation qui risque de tous nous faire mal. Certains sont plus exposés que d’autres! Veuillez agréer, Monsieur, mes sincères salutations.
Ron Moran |