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Douanes :
encadrement du débat sur les armes à feu La sécurité était le prétexte justifiant les agent-e-s des douanes canadiens d’abandonner leur cabine au pont Ambassador, au tunnel Windsor-Détroit et au pont Bluewater, à Sarnia, jeudi après-midi, et ils n’y sont revenus qu’après la réception d’un ordre des représentants fédéraux de la main-d’œuvre, plus tard ce soir-là. Pourquoi les gardiens craignent-ils pour leur sécurité? Le jeudi, la présidente locale de l’Union, Marie-Claire Coupal, donnait deux raisons : une nouvelle technologie de détection d’explosifs avait été installée au pont, mais non au tunnel (bien que soit mystérieuse la raison pour laquelle cela apeurait les gardes du pont et les poussaient aussi à refuser de travailler); les passages frontaliers avaient reçu un bulletin où il était demandé d’être à l’affût d’une personne armée et dangereuse. Le personnel déclarait ne pas avoir la formation ou les armes – à savoir des pistolets – pour affronter cette sorte de menace, et les inspecteurs et les inspectrices des douanes sont partis, quittant leur poste. Après un examen attentif, ces explications ne tiennent pas la route. En fait, le nouveau balayeur ionique était installé au pont en juin. En outre, il n’y a pas du tout eu jeudi de nouveau bulletin demandant au personnel d’être à l’affût d’une personne armée et dangereuse. Coupal a admis lundi que c’était un bulletin ancien mais que l’affaire n’était pas encore réglée. Seul un inspecteur a effectivement parlé de ce bulletin comme motif de son refus de travailler, et ce travailleur a souligné qu’il s’agissait d’une alerte encore active, remontant à juin, d’après l’Agence des services frontaliers du Canada. Il faut une gymnastique mentale supérieure pour parvenir à s’imaginer pourquoi ces vieilles menaces de six mois pouvaient susciter des craintes pour la sécurité au point que les gardes frontaliers refusent alors de travailler. Qu'est-ce donc qui se passe vraiment ici? L’arrêt de travail de jeudi était beaucoup plus vraisemblablement un autre coup tiré dans la bataille que livrent des agent-e-s des douanes canadiens afin de porter des armes. L’Union Douanes Accise, qui représente les gardes de douane, n’a pas caché son désir de voir les agent-e-s porter des armes à feu ou, comme mesure préliminaire, de voir une « présence armée » à tous les points d’entrée terrestres. L’Union a insisté sur le fait que la sécurité de ses membres est sa principale raison de s’agiter en faveur des armes à feu; cela est incontestablement un facteur. Il sera aussi infiniment plus facile pour l’Union de demander que ses membres soient aussi bien payés que les policiers s’ils sont armés comme ceux-ci. (Pour être juste, il faut toutefois admettre que les gardes frontaliers n’ont pas eu d’augmentation lorsqu’ils ont été investis des pouvoirs des agent-e-s de la paix, en 2000.) Ce vieux problème est particulièrement délicat en ce moment parce que, après des années de refus d’acquiescer aux demandes d’armes à la frontière, Ottawa a entrouvert la porte. Anne McLellan, vice-première ministre ainsi que ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, a demandé que l’ASFC et la GRC examinent la sorte de présence armée dont le Canada a besoin aux points d’entrée. Le fer étant chaud, il semble que les gardes frontaliers ont opté pour un arrêt de travail. Évidemment, comme ils font partie du personnel essentiel, ils ne peuvent abandonner le travail, de là la fausse inquiétude relative à la sécurité. Les agent-e-s des douanes ne peuvent quitter le travail légalement que s’ils invoquent un article du Code canadien du travail, lequel permet aux personnes de refuser de travailler à cause d’inquiétudes immédiates pour leur sécurité. Si les agent-e-s des douanes et leur Union veulent exercer des pressions sur Ottawa afin qu’il y ait une arme à feu à la hanche de chacun des gardes frontaliers, ils en ont le droit. Ils devraient toutefois limiter cet effort à des moyens légitimes qui ne paralysent pas la circulation pendant des heures et n’atteignent pas inutilement les économies de villes comme Windsor et Sarnia. |