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La CEUDA
questionne le ministre sur une frontière ouverte et la protection
à la frontière à la suite des attaques terroristes perpétrées
contre les États-Unis
Personnellement, je crois
que, vu les actes de terrorisme récents, un tel scénario est
impossible. En fait, même sans ces terribles actes de terreur,
une présence réduite à la frontière serait inopportune pour
plusieurs raisons. Pour commencer, plusieurs systèmes
automatisés, tels que ACROSS, réduisent déjà au minimum les
attentes à la frontière pour les entreprises qui se donnent la
peine de les utiliser. Ceux qui ne s'en servent pas sont
évidemment satisfaits des formalités actuelles, ou les attentes
habituelles n'ont pas d'effet significatif sur eux. De plus,
faciliter le mouvement de biens pour la seule et unique raison
de réduire les coûts et maximiser les profits perd son attrait
lorsque l'on considère les répercussions négatives qui
s'ensuivraient sur la population canadienne en général si une
telle mesure était prise. Toute personne appuyant cette idée
n'est probablement pas consciente des mesures déjà en place et
évidemment oublie de tenir compte d'autres conséquences qui
pourraient s'ensuivre. Je crois que la mise en application d'une
telle mesure ferait un tort irréversible au genre de société que
les populations du Canada se sont efforcées d'atteindre,
préfèrent maintenir et estiment que les représentants élus
devraient protéger en leur nom.
Je viens tout juste de
revenir d'un voyage dans le Yukon, au cours duquel j'ai visité
tous les bureaux des Douanes, et une raison appuyant le fait que
l'on doit garder la frontière m'est tout de suite venue à
l'esprit. Pendant ma visite, j'ai vu moi-même la différence
considérable de perspective et d'attitude entre les Canadiens et
les Américains quant aux armes à feux. Les Américains voient les
armes non seulement comme une commodité, mais comme un de leurs
droits fondamentaux. Imaginez les répercussions si on éliminait
les douaniers à la frontière. Nous remarquerions sans aucun
doute une augmentation immédiate et importante du nombre d'armes
de toutes sortes qui entreraient au Canada avec les touristes
américains, les voyageurs d'une journée et même les voyageurs de
commerce. Et on ne parle ici que d'une seule répercussion.
Je suis convaincu que
sans notre présence à la frontière, nous verrions un afflux de
pornographie, de vin, de bière et d'alcool américains peu
coûteux, de cigarettes américaines bon marché, et de nombreux
autres produits, si seulement pour éviter de payer la TVP et la
TPS. Sans aucun doute, cela influerait négativement sur
plusieurs entreprises canadiennes, réduirait les recettes
provinciales et fédérales ainsi qu'éliminerait de nombreux
emplois au Canada. J'entrevois les Américains se débarrasser de
leurs déchets en les transportant vers le nord, les postes
d'essences aux États-Unis plus occupés que jamais pendant que
ceux du côté du Canada feraient faillite, et les criminels se
diriger immédiatement vers le Canada pour esquiver la police
américaine. Je pourrais continuer probablement pendant des
heures, mais je n'ai aucun doute que vous savez déjà tout ça
aussi bien que moi.
Je ne croyais pas que
cette proposition avait votre appui puisqu'on ne m'a pas fourni
un seul document, que je n'ai assisté à aucune réunion sur le
sujet ou même eu une seule discussion avec vous ou avec un
représentant de l'Agence des Douanes et du Revenu du Canada (ADRC)
quant à une telle éventualité. Absolument rien qui aurait pu me
donner une indication quelconque qu'une telle éventualité était
même envisagée m'était parvenu sur le sujet. Toutefois, bon
nombre de vos employés, nos membres, interprétaient l'absence
d'une intervention de votre part comme possibilité d'appui à ce
sujet. En fait, votre silence relativement à la question, plus
qu'aucun commentaire fait par certains de vos collègues, était
la vraie source de préoccupation. Puis, j'ai remarqué que vous
faisiez également référence au * périmètre nord-américain +, le
niveau de risque plus élevé que cela représente et le besoin
d'explorer de nouvelles initiatives reliées à la sécurité
périmétrique.
Tout compte fait, les
membres de la CEUDA et moi-même apprécieraient si vous pouviez
confirmer que vous n'avez pas contrer ces commentaires parce que
vous êtes d'accord avec ceux-ci. À titre de ministre responsable
de l'ADRC et des événements qui se déroulent à la frontière
entre le Canada et les États-Unis, nous aimerions bien que vous
nous fassiez au moins part de votre position sur cette question.
Aussi, nous apprécierions si vous pourriez partager avec nous la
direction donnée, le cas échéant, au conseil de gestion et aux
cadres de l'ADRC relativement à cette question.
Je dois ajouter que le
libre-échange ne veut pas dire, ni n'était destiné à justifier,
l'échange sans restriction. Récemment, nos voisins américains
nous ont clairement démontré qu'il en était ainsi par leur
décision quant au bois de résineux. Toutefois, même sans aller
jusque-là, vous convenez sans doute du fait que certaines
personnes, et certains biens et produits, ne doivent pas entrer
au Canada tandis que d'autres exigent certainement d'être
surveillés de près. Maintenir et, en fait, renforcer les mesures
à la frontière canado-américaine ainsi qu'au périmètre du pays
est plus essentiel que jamais. Ainsi, je ne comprend pas comment
certains représentants élus pourraient se démettre de leur
responsabilité de s'assurer que la population canadienne dans
l'ensemble soit la plus protégée possible tout simplement pour
garantir que les commerces obtiennent leurs trente pièces
d'argent. Manifestement, il doit exister une bien meilleure
raison qu'une augmentation des profits pour que nos femmes et
hommes politiques mettent une affiche "À VENDRE" sur cet
important emblème de souveraineté.
Pour finir, j'aimerais
faire remarquer que les événements de la semaine dernière ont
fait croire, à juste titre, à bon nombre de nos membres qu'enfin
des mesures seraient prises pour aborder plusieurs de leurs
préoccupations de longue date. Malheureusement, votre
conférence de presse, votre intervention lors du débat au
Parlement lundi dernier et notre réunion avec Messieurs
Lefebvre, Tucker, Tremblay et d'autres représentants de l'ADRC
hier nous ont convaincus que rien d'important ne changerait. Nos
membres trouvent cette situation inacceptable, et j'apprécierais
une occasion de vous rencontrer n'importe quand d'ici lundi 9 h.
Après ce, je suis tenu de commencer à rencontrer le plus grand
nombre de députés possible afin de les mettre au courant de nos
préoccupations et de m'assurer de leur concours quant à des
changements qui, je n'ai aucun doute, amélioreraient la sécurité
des Canadiens et des Canadiennes en général. |