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Le député M. Derek Lee
qualifie les agent-e-s des services frontaliers de « mauviettes »
La frontière canado-américaine M. Joe Comartin (Windsor—Tecumseh, NPD): Monsieur le Président, hier, 60 gardes-frontières canadiens ont dû s'éloigner de quatre postes frontaliers parce qu'un dangereux criminel armé approchait de la frontière.
M. Derek Lee: C'est parce que ce sont tous des mauviettes.
Monsieur le Président, il y a dix ans, les gardes-frontières réclamaient le droit d'être armés pour pouvoir défendre la frontière canadienne et se défendre eux-mêmes. Maintenant, le gouvernement dit qu'il faudra encore dix ans avant que cela ce fasse. C'est incroyable. Il faut stopper le flot d'armes illégales qui entrent au Canada, et nos gardes, à la frontière, ont besoin des outils nécessaires pour y arriver. Le gouvernement s'engagera-t-il aujourd'hui à ce que tous les gardes-frontières soient armés d'ici cinq ans?
L'hon. Stockwell Day (ministre de la Sécurité publique, PCC): Monsieur le Président, le député a tout à fait raison sur la question des dix années. Depuis environ dix ans, les agents à la frontière disent qu'ils devraient être armés pour pouvoir faire face à des situations comme celle d'hier. Le gouvernement précédent a fait la sourde oreille pendant tout ce temps. Nous avons pris des mesures et annoncé que 101 millions de dollars allaient être consacrés au projet d'armer les agents à la frontière. Il faudra de la formation. Des installations d'entreposage devront être construites. Dès l'été prochain, les premiers agents armés seront postés à des passages frontaliers clés, d'un océan à l'autre.
M. Joe Comartin (Windsor—Tecumseh, NPD): Monsieur le Président, il n'est pas nécessaire de prendre dix ans pour ce faire. Je sais que le gouvernement aime suivre l'exemple de M. Bush et que ce projet a été réalisé en dix ans aux États-Unis, mais ce n'est pas aussi long au Canada. Si le gouvernement prend dix ans, ce sera cinq années de trop, et ce sera autant d'années où des armes passeront en contrebande au Canada et où de dangereux criminels franchiront nos frontières. Nous avons d'autres solutions. Il y a un autre moyen d'y arriver. Pourquoi le gouvernement n'offre-t-il pas suffisamment de ressources à la GRC et aux services de police provinciaux pour accroître la capacité de formation, à l'intention de nos gardes, et ainsi leur permettre d'être prêts en cinq ans, plutôt que dix?
L'hon. Stockwell Day (ministre de la Sécurité publique, PCC): Monsieur le Président, je ne dirai pas que mon collègue essaie d'induire les gens en erreur en persistant à dire qu'il faudra dix ans avant que nos agents à la frontière soient armés. S'il écoute attentivement, il comprendra que des agents armés seront déjà en poste à la frontière l'été prochain, dans des endroits clés d'un bout à l'autre du pays, et que la formation se poursuivra. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons faire rapidement. Il faut prendre des dispositions concernant le personnel. Une période de trois semaines est prévue pour la formation elle-même. Nous voulons former les instructeurs afin de ne pas encourir de coûts supplémentaires. Nous ferons les choses avec soin et ce sera bien fait, l'objectif étant toujours d'assurer la sécurité et la prospérité de nos frontières. La frontière canado-américaine Monsieur le Président, la fin de semaine dernière, dans la vallée du Bas-Fraser en Colombie-Britannique, 60 gardes-frontière ont débrayé, car ils estimaient que leur sécurité personnelle était menacée. Étonnamment, les libéraux ont toujours soutenu qu'il n'était pas nécessaire d'armer les gardes-frontière. Cependant, George Scott, le vice-président de l'Union Douanes Accise, qui représente ces agents, a déclaré que les gardes-frontière n'auraient pas débrayé s'ils avaient été armés. Le ministre de la Sécurité publique pourrait-il nous expliquer l'importance d'accroître la sécurité à la frontière?
L'hon. Stockwell Day (ministre de la Sécurité publique, PCC): Monsieur le Président, quand j'ai abordé cette question il y a quelques minutes, j'ai été peiné et choqué d'entendre le député libéral de Scarborough—Rouge River, et ses collègues, qualifier nos gardes-frontière de mauviettes. Hier, sur la Colline, le député a commémoré la mort de 10 agents de la paix des quatre coins du pays. Nos gardes-frontière ne sont pas des mauviettes. Chaque jour et chaque nuit, ils montent la garde pour nous sans armes, car les libéraux ne les ont jamais appuyés. Je veux que des excuses soient présentées à nos gardes-frontière. Ce ne sont pas des mauviettes. Ce sont des hommes et des femmes qui font preuve de courage et de bravoure. Recours au RèglementL'hon. Stockwell Day (ministre de la Sécurité publique, PCC): Monsieur le Président, durant la période des questions d'aujourd'hui, pendant que je répondais à une question sur nos douaniers, qui servent notre pays à nos postes frontaliers, un député du Parti libéral, celui de Scarborough—Rouge River, a crié et qualifié nos douaniers de mauviettes. Nous lui avons gentiment demandé de cesser de lancer cette accusation.
Une voix: Il l'a fait à quinze reprises.
Il l'a fait encore dix ou quinze fois. Il a continué de qualifier nos douaniers de mauviettes. Hier, sur la Colline du Parlement, nous avons assisté à une cérémonie de commémoration pour nos policiers morts dans l'exercice de leurs fonctions. Nos douaniers travaillent sans arme courte. Chaque année, ils doivent souvent arrêter des suspects, saisir des stupéfiants et même, parfois, confisquer des armes illégales. Ils ont demandé d'avoir des armes courtes pendant dix ans, mais les libéraux ont toujours refusé. Nous accédons maintenant à leur demande. Peu importe ce débat, il est inacceptable que nos courageux douaniers qui nous protègent jour et nuit soient qualifiés de mauviettes. Nous voulons des excuses en bonne et due forme pour cela.
M. Derek Lee (Scarborough—Rouge River, Lib.): Monsieur le Président, je serais enchanté de souligner la force, le sens moral et le courage des gens qui surveillent nos frontières. Je ne parle pas de la police ou de l'armée. Je parle des gens qui se trouvent aux frontières. Je les félicite pour leur courage s'ils restent au travail. Je parlais de ceux qui ont quitté leur poste simplement parce qu'apparemment, il y avait un Américain qui était armé. Il y a plus de 200 millions d'armes à feu au sud de la frontière. J'admire les professionnels des services frontaliers qui font leur devoir, mais pas ceux qui abandonnent leur poste. En 138 ans d'existence du pays, les professionnels des services frontaliers n'ont jamais porté d'armes. J'admire ceux qui restent au poste, mais pas ceux qui l'abandonnent.
M. Charlie Angus (Timmins—Baie James, NPD): Monsieur le Président, lorsque le député de Windsor—Tecumseh a essayé de poser des questions au sujet de la sécurité défaillante des gardes-frontières, il s'est fait chahuter à plusieurs reprises par le député de Scarborough—Rouge River, au point où je n'ai pas pu entendre la question comme il faut, même si j'étais assis tout près de lui. Je pense que c'est un problème important. Il ne s'agit pas seulement d'un manque de respect envers la Chambre ou envers les hommes et les femmes qui sont sur le terrain. C'est aussi une façon de dire qu'il y a des parlementaires qui n'ont que du mépris pour les gens qui risquent leur vie. Quelle honte que ces députés aient le culot de dire à la Chambre aujourd'hui qu'ils respectent les gens qui travaillent, mais qu'ils considèrent ceux qui défendent leur droit de refuser des conditions dangereuses de travail comme des poules mouillées! Je considère qu'il s'agit d'une question de privilège parce qu'à titre de député, j'ai honte qu'on puisse prendre la parole devant la Chambre pour...
L'hon. John Baird (président du Conseil du Trésor, PCC): Monsieur le Président, depuis longtemps, la tradition parlementaire veut que les députés de tous les partis reconnaissent le travail des hommes et des femmes qui font partie de la fonction publique et qui risquent leur vie chaque jour. La triste réalité, c'est que pas un député libéral, même pas le député d'Ottawa-Sud, ne dénonce ces paroles honteuses. C'est très déplorable.
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